PORSCHE 911 Targa


Porsche 911 Targa 1974

Porsche inaugura en 1948 les premières années du miracle économique de
l'après guerre avec une voiture de sport décapotable. Ce premier roadster,
la Porsche type 356, allait être suivie par de nombreuses déclinaisons sur ce
thème.

Durant la génération de la 356 C, au début des années soixante, le dévelop-
pement ment de la 911 était déjà arrivé à un stade très avancé. Les versions
décapotables de la 356 C représentaient 16,5 % du chiffre d'affaires de
Porsche.


L'un des derniers cabriolet 356 C, catalogue de janvier 1965

C'est d'ailleurs pourquoi il devait aussi y avoir une version cabriolet du nouveau
modèle, à cette époque encore baptisé 901. Il ne fut pas simple de satisfaire à
cette exigence du marché, car la 901 dans sa version fermée, mettait déjà à
contribution toutes les ressources de l'entreprise. De plus, les constructeurs
automobiles craignaient une loi américaine prévoyant que les décapotables se-
raient interdites si elles ne possédaient pas un arceau de sécurité.


La page de couverture du dépliant de la Porsche 901

Après le lancement du Coupé 901 au salon de Francfort en 1963, durant lequel
les visiteurs du salon ne cessèrent de demander aux vendeurs s'il y aurait de
nouveau un cabriolet, les services de développement intensifièrent les travaux
sur une 901 décapotable. Lors d'une présentation préliminaire du prototype fin
1963, la direction décida d'adopter l'arceau de sécurité. Six mois plus tard eu
lieu la première présentation interne d'un prototype de 901 décapotable au dé-
partement réalisations spéciales de l'usine de carrosserie à Stuttgart. Le 11
août 1965, Porsche déposa une demande de brevet pour ce révolutionnaire
système de capote.

      

La nouvelle forme de carrosserie ne pouvait toutefois plus être qualifiée de ca-
briolet. Les responsables convoquèrent une cellule de réflexion qui lors d'une
conférence énuméra tous les circuits du monde et étudia leur nom quant à leur
adéquation. " Targa Florio ", le nom du circuit dans les montagnes siciliennes,
était libre. Ce circuit tire son nom de la course créée en 1956 par Vincenzo
Florio. Le Targa (bouclier ou plaque en italien) était le trophée en métal gravé
offert au vainqueur. Mais, comme le nom entier aurait été trop long, on baptisa
la nouvelle voiture Targa. A cela s'ajouta l'heureux hasard de la traduction de
Targa en italien. L'arceau de sécurité constitue bel et bien une espèce de bou-
clier de protection pour les passagers.

Le communiqué de presse pour le salon de Francfort de 1965 caractérisait à
juste titre le premier modèle Targa de chez Porsche en ces termes : " La
Targa n'est ni un cabriolet, ni un coupé, ni un hard-top, ni une limousine, mais
quelques chose d'absolument inédit ".

Les illustrations ci-dessous sont extraites d'un dépliant de septembre 1965,
et mettent bien en avant les différentes possibilités de conversions.




La commercialisation en série débuta en janvier 1967 dans trois versions : six
cylindres 911 de 130 ch et 911 S de 160 ch, ainsi que la variante quatre cylin-
dres 912 de 90 ch. Alors que les premières voitures furent livrées avec la
lunette arrière pliante, une vitre fixe proposée au choix fit partie du program-
me à partir de l'année modèle 1968. A partir du millésime 1969, la vitre était
montée en série. La vue vers l'arrière était alors considérablement améliorée
en cas de mauvais temps grâce au système de dégivrage.

La Targa se fit rapidement de nombreux adeptes fidèles. Début 1970, cette
911 si caractéristique représentait plus de 40 % de tout le volume de produc-
tion de Porsche.


Porsche 911 Targa 1972


Le démontage du toit sur un modèle 1975


Porsche 911 Targa 1976

Le Cabriolet commercialisé à partir de l'année modèle 1983 apporta tout
d'abord à Porsche une tranche de clientèle supplémentaire. La chapelle des
fanas de la Targa sut résister et bien peu passèrent à la version complètement
décapotable. Mais, comme le Cabriolet fut systématiquement amélioré, il finit
par devenir le principal concurrent de la Targa. Tandis que le processus d'ou-
verture de la grande capote en tissu du cabriolet devenait un jeu d'enfant grâ-
ce à le commande électrique, il fallait consentir certains efforts pour démonter
le toit relativement petit de la Targa.


Le nouveau cabriolet Porsche en 1983

La 911 Targa poursuivit sa discrète carrière jusqu'en 1993 en évoluant
en même temps que le coupé 911. Ci-dessus un modèle 1984..

L'illustration ci-dessus, extraite du catalogue 1993, présente l'une des derniè-
res Targa de première génération. Le modèle fut momentanément indisponible
au catalogue jusqu'à l'apparition de la Targa deuxième génération en 1995.

La nouvelle Targa de 1995 arriva sur la marché avec une nouvelle idée aussi ré-
volutionnaire que jadis. Son cahier des charges exigeait un mécanisme de com-
mande simple, ainsi qu'une construction de toit particulièrement rigide. Pour
cela, les ingénieurs se séparèrent de l'arceau Targa de l'ancienne génération.
Ils utilisaient désormais les structures de sécurité longitudinales pour enca-
drer un toit en verre allant du pare brise au capot arrière. Par son esthétique,
le toit en verre teinté isolant soulignait la parenté avec les cabriolets.


Le modèle original des années 60 pose à côté de la nouvelle Targa 1995


Porsche 911 Targa 1996

La carrière commerciale de cette nouvelle version fut suspendue fin 1997 lors
de la présentation de la Porsche 911 type " 996" au Salon de Francfort, pour
réapparaître en 2002.

La version actuellement commercialisée adopte le même principe que le modèle
de 1995, mais elle est basée sur le coupé, au lieu du cabriolet précédemment.
L'intérêt de ce changement est une meilleure rigidité de l'ensemble. La lunette
arrière peut même s'ouvrir comme un hayon, permettant ainsi de déposer des
objets pour peu que les sièges arrières soit rabattus.


Porsche 911 Targa 2003

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